Notre vision : le point de vue de Solinnen sur les FDES et leur généralisation
Les Fiches de Déclaration Environnementales et Sanitaires (FDES) existent au sein d'un écosystème fonctionnel. Après une brève introduction présentant leurs usages dans le contexte du secteur du bâtiment, vous trouverez les éléments de cadrage essentiels à la compréhension de cet écosystème fonctionnel, ainsi que les points clefs d'attention du point de vue de Solinnen pour ses clients.
L'évaluation quantifiée environnementale des bâtiments est majeure pour atteindre divers objectifs :
- Le benchmark entre bâtiments (par exemple d'un parc de bâtiments donné) : comprendre l'origine des différences, déterminer les moyens de s'améliorer et quantifier les améliorations (d'un point de vue environnemental et d'un point de vue financier).
- L'évaluation d'alternatives de rénovation (la marge de manœuvre est limitée) : choix des solutions, choix des matériaux et des modes de mise en œuvre.
- L'éco-conception dans le neuf (la marge de manœuvre est importante) : optimisation des impacts, quantification des solutions innovantes pour déterminer si elles apportent un plus, prise en compte des interactions entre fonctions du bâtiment (salle serveur / bureaux), interaction avec la programmation du bâtiment.
- La mise en place de critères d'achat verts, assistance dans les appels d'offres : apport de crédibilité, de moyens de comparaison objective.
Les FDES sont la composante majeure de l'évaluation environnementale quantifiée des bâtiments. Elles sont complétées à l'étape d'usage par des calculs énergétiques et par la prise en compte du fonctionnement des bâtiments et des déplacements des usagers de ces bâtiments. Voici quelques éléments de contexte essentiels concernant les FDES, qui répondent aux questions les plus courantes :
- Il s'agit d'abord une démarche française avec NF P 01 010, mais elle est aussi internationale avec ISO 21930.
- C'est une démarche qui a commencé d'entreprise à entreprise, et qui se tourne maintenant vers les consommateurs.
- C'est une démarche dans le secteur du bâtiment, et qui concerne de ce fait d'autres secteurs (par exemple l'électronique, les transports, les produits électriques...) dans la mesure où les produits de ces secteurs sont utilisés dans le secteur du bâtiment et contribuent à l'évaluation environnementale complète.
- Cette approche concerne le CO2, et aussi les autres impacts environnementaux.
- On parle de production, et aussi de l'ensemble des étapes du cycle de vie, depuis l'extraction des matières premières (mines) jusqu'à la fin de vie (gestion des déchets de construction et de démolition).
- On considère bien sûr l'étape de mise en œuvre (construction), mais aussi toute la durée de vie du bâtiment et des produits de construction dans le bâtiment.
La réflexion concernant la mise en place d'un processus d'élaboration en entreprise des FDES doit prendre en compte les points suivants :
- La réalisation des FDES est aujourd'hui un besoin, une utilité incontournable. Il ne s'agit pas de « savoir s'il faut le faire ? » mais plutôt « comment on va pouvoir le faire ? ».
- La mise en place des FDES résulte d'abord d'une démarche collective, à partir de travaux élaborés en commun par la profession (et diffusés sur le site de l'AIMCC) et des normes (ISO 14040 et ISO 14025) en référence qui ont abouti, de 1994 à 2004, à une norme NF P 01 010.
- La norme NF P 01 010 est claire, et sa mise en œuvre demande de l'expertise pour traiter par exemple la définition des frontières du systèmes (ce qui est inclus et ce qui ne l'est pas), le choix des règles d'allocations des consommations entre l'ensemble des produits d'un site de production – les coproduits...
- La démarche est progressive : la pratique est lancée par les fédérations professionnelles d'abord, pour produire les outils communs, puis le déploiement peut être réalisé par les membres, pour traiter leur références produits spécifiques.
- Une ambition est apparue avec l'engagement de la profession (AIMCC) pour produire des FDES d'ici 2012.
- La généralisation doit prendre en compte les coûts et les délais, l'adaptation aux besoins urgents et spécifiques des appels d'offre.
- Il existe des risques de comparaisons « abusives » et par là même « fausses » : matériau vs matériau sans tenir compte de l'usage ; mono-critère CO2 ; impacts différents avec le même nom ; étapes incluses du cycle de vie différentes pour les documents internationaux ; la problématique de la durée de vie ; la problématique de la précision...
- Pour la mise en œuvre des bonnes pratiques, le "guide de bonnes pratiques de l'AIMCC" est indispensable !
Après cette présentation de la situation du point de vue de Solinnen, voici quelques éléments clefs d'attention sur lesquels insiste Solinnen lors de ses travaux de réalisation des FDES. Ils concernent la pertinence des travaux :
- Attention aux ordres de grandeur, et au niveau de précision !
- Attention à la validité des comparaisons !
- Il ne faut pas dire, notamment dans la publicité qui est faire à l'issue des réalisation des FDES, n'importe quoi.
- La collecte de données spécifiques au produit est cruciale, c'est une étape qui demande une bonne expérience et une collaboration entre les différents acteurs de la réalisation de la FDES. Ce travail fixe d'une certaine façon le coût (temps et euros) « minimum » pour la réalisation d'une FDES de qualité.
Voici enfin le point de vue de Solinnen par rapport à la généralisation de la réalisation des FDES :
- Il faut réaliser d'abord la mise en place d'outils auprès des fédérations professionnelles. Il sont destinés à être utilisés par tous les membres.
- La mise en place doit être performante (commune, globale, prévoyant une base de données amont suffisante...), et validée par la profession (qui en est, d'une certaine façon dépositaire). C'est une étape majeure pour les suites.
- Les outils doivent mécaniser la démarche le plus possible, pour permettre des validations simples et éviter les taches répétitives et/ou rébarbatives.
- Le déploiement auprès des membres est effectué une fois les outils communs en place, à l'aide de ces outils communs (permettant le benchmark).
- Il n'est pas besoin d'être ingénieur de grande école pour déployer !
- Le déploiement est adapté quand il est fait « en interne », à la journée, car il aide à réaliser les autres avantages liés à la réalisation de FDES (benchmark et éco-conception).
- Toutes les entreprises doivent pratiquer, et le peuvent, même les plus petites !
- Les coûts sont acceptables quand on les compare aux bénéfices apportés par le gain des appels d'offres (ou encore juste la conservation des marchés).
- Les FDES ne sont pas des documents de communication « grand public » : il est indispensable de préparer des documents « communiquant » qui s'appuient sur les FDES.
- La vérification est utile, au delà de la garantie que cela apporte vis à vis du grand public (cf. aussi la pratique et les attentes à l'international) : elle augmente la qualité générale des livrables (par le regard extérieur apporté).
- Il faut garder un œil sur ce qui se fait au niveau européen (CEN TC 350), et anticiper les évolutions. Les normes sont « compatibles » et il est possible d'anticiper en mettant en place des outils qui permettent de réaliser des déclarations en France et en Europe. Il y a tout de même des différences qui nécessitent aujourd'hui des travaux complémentaires par pays.